Le «stress» de l'audition

Je rentre tout juste d’une audition que je considère importante (bon, elles le sont toutes, évidemment). L’adrénaline qui n’est pas encore descendue m’inspire à vous écrire.

En plus, j'avais rencontré un client récemment en consultation qui vit ses premières auditions... je me dis que malgré les nombreuses années de décalage dans la carrière, on est tous dans le même bateau!

Avant de me rendre sur place, j’avais décidé ce matin de nommer le stress que je sentais monter «excitation», l’excitation d’aller faire ce que j’aime le plus dans la vie:  jouer un rôle qui me met en valeur, jouer devant des gens. Je pense que souvent on se stresse à tenter de se déstresser. À modifier l’appellation «stress» pour quelque chose qui, à mon oreille, sonne plus positif, à ne pas juger cette énergie, il m’a soudain semblé que je n’avais pas à faire d’effort pour amoindrir quoique ce soit, que je suis arrivée emplie de vitalité, celle de l’enfant heureuse de recevoir un cadeau, juste contente d’être là et d’avoir une nouvelle opportunité de montrer qui je suis.

J’en déduis maintenant que c’est le meilleur moyen d’être ancré dans le moment présent avec aisance et apparence de facilité, connecté avec le partenaire ou la réplique. De penser uniquement à jouer, avoir du plaisir, faire confiance en son travail de préparation, conduit nul doute en de grandes chances d’être satisfait de soi au sortir de l’audition. Cela permet surtout de ne pas générer de pensées reliées à l’issue des choses. C’est en appréciant le moment, sans vouloir contrôler le résultat, que l’on peut montrer son soi authentique. L’attachement ne fonctionne pas, il n’aide pas la manifestation des désirs. Dès que l’on a besoin du boulot, il est déjà parti. En ayant bien préparé une audition, en l’ayant ensuite passée, et en étant satisfait, ce qui avait besoin d’être fait a été fait. C’est une entrevue pour un travail : plusieurs personnes qualifiées se présenteront, le choix de l’embaucheur n’est pas de notre ressort.

J’ai l’air de parler comme la pro des auditions, mais je peux vous assurer que c’est mon cheval de bataille depuis une décennie. J’ai toujours été mortifiée par ce contexte de jugement, aucunement capable de montrer ce que je sais faire dans cette salle impersonnelle. La pratique aide vraiment beaucoup (bonne nouvelle), mais c’est surtout, pour ma part, le fait de commencer à m’aimer véritablement, de comprendre que ma personne est intéressante, qui fait en sorte que le vent tourne petit à petit. Le chemin n’est pas terminé, mais, oh grand nouveau, je suis régulièrement contente de moi.

J’aime bien me servir parfois de ces quelques mantras fort simples que je vous partage, si toutefois ça peut servir. À utiliser à profusion!

«Ce que je suis est suffisant.»

«Je suis la seule personne à contenter.»

«J’aime auditionner.»

«Je suis ici pour régler votre problème de casting.»

 

 

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Meilleures pensées artistiques!

Elizabeth Anne